Les verreries

DE LÛBLA GLÄSAFABRËK

Les verreries de Longeville-lès-Saint-Avold et de Saint-Avold étaient exploitées par le même propriétaire, un certain Jacques de Hennezel du Tolloy, originaire de la région de Darney (verrerie Tolloy). Les deux verreries collaboraient. La verrerie de Longeville est mentionnée pour la première fois dans un document de 1626. La production du verre à vitre, ainsi que du verre à bouteille et du verre à boire, prospérait à tel point qu’une autre verrerie fut construite à proximité de Hombourg-Haut / St. Avold.( Source Eva Mendgen )
Un second groupe de verreries se situait, à la même époque, dans le secteur de Saint-Avold. Vers 1625, une verrerie existait à Longeville-Lès-St-Avold sur les terres de l’abbaye de Saint-Martin de Glandières, au lieu-dit Castelberg. Une deuxième verrerie fonctionna à l’Est du moulin d’Ambach, entre le chemin allant de la route de la forêt de Saint-Avold à Porcelette et le ruisseau de la Rosselle. Elle fut établie, en 1630, par Jacques de Hennezel, gentilhomme verrier de la Vôge. ( Source cercle « Die Furbacher » )
Le moment de la fondation de la fabrique dans Longeville n‘est qu‘approximativement connu. On en parle pour la première fois en 1626 dans une lettre du comte des Leiningen au Duc de Lorraine. La Verrerie existait alors déjà sur le terrain du monastère de St. Martin de Glandières de Longeville. Les dossier encore existants de ce monastère ne donnent toutefois pas de renseignements sur cette verrerie. Tout parle en faveur qu‘elle a toutefois été établie après 1621 et avant 1626. Elle était située à environ 2 km du lieu-dit actuel, au sud–est de la route actuelle St. Avold – Faulquemont = Falkenberg, dans la forêt du monastère » Kastelberg ». La production de la verrerie dans Longeville se composait essentiellement du verre à vitres que les Hennezel produisaient à l’ancienne « façon lorraine ». Il n’est pas à exclure, qu’en cas de nécessité, des verres et bouteilles aussi étaient fabriqués. La verrerie était prospére sinon il ne ne serait pas venu à l’esprit de Jaques de Hennezel de construire un deuxième atelier, pas loin du premier, dans le secteur d’Hombourg-Haut – Saint-Avold. La situation de cet atelier est bien connue. Il se trouvait près de Saint-Avold au nord-ouest de la ville, près du moulin d’Ambach. Aujourd’hui même, la place est encore visible. Du moulin prendre le chemin de la forêt direction Porcelette, 50 m près de la Rosselle, on trouve non seulement des fondations, mais encore de la maçonnerie. La terreur des années de guerre ne passèrent pas sans laisser de traces sur les deux ateliers, mais cela n’a pas signifié la fin définitive de l’activité. A côté de la « Vieille verrerie » les ateliers de Longeville et de Saint Avold survivèrent probablement à la terrible année 1635. Cependant, ils ne peuvent plus avoir travaillés longtemps Jaques de Hennezel, sans enfants avait maintenant plus de 55 ans et il n’avait probablement plus la force, en ces temps si dur, de faire produire et de gérer les deux ateliers. Il se retira avec sa femme sur le Tolloy, son pays natal. Ils rédigèrent en 1652 leur testament en n’oubliant pas d’y déplorer les malheurs de la guerre et la perte de leur propriété. ( Source Die Glashütten und Glasmacher im und am Rande des Warndts. Herausgegeben Walter Neutzling )

Les gentilshommes verriers

Les nobles étaient d’abord des hommes de guerre. Ils pouvaient aussi cultiver la terre, mais non point se livrer à l’industrie ou au commerce.
Cependant, par exception, la verrerie était considérée comme un art noble. Cela ne voulait pas dire qu’on devenait noble en devenant verrier, mais qu’un noble pouvait exercer ce métier sans déroger.
Un dicton du Moyen-âge, relevé dans l’ouvrage de Gerspach, dit que pour faire un vrai gentilhomme-verrier, il fallait d’abord trouver un noble né et en faire un bon ouvrier.
La noblesse d’alors acceptait assez mal ce partage de privilèges, elle appelait les verriers : « roturiers du verre ». Boileau, qui raillait tant le poète français de Saint-Amand, descendant justement de la noblesse verrière, lui fit décocher par Meynard cette petite épigramme :
Votre noblesse est mince
Car ce n’est pas d’un Prince Daphmis que vous sortez,
Gentilhomme de verre
Si vous tombez à terre Adieu vos qualités.
Mais eux, les rudes travailleurs des fournaises à verre, tenaient beaucoup à leur qualité de noble. Ils avaient le titre d’Écuyer du Roi, portaient l’épée et le chapeau brodé. Ils possédaient cheval et chiens de chasse et profitaient des privilèges de la noblesse.

Par privilège du roy…

Les gentilshommes verriers ont toujours soutenu que leurs privilèges avaient été octroyés par le roi saint Louis qu’ils avaient suivi en croisade; en réalité c’est plus vraisemblablement à Philippe III le Hardi (règne : 1270-1285) son fils, qu’ils durent les privilèges attachés à la qualité de verrier.
Il n’existe pas de documents authentiques se rapportant à cette époque, mais le procureur du roi, Ignace Chrétien, disait: « ce n’est qu’après avoir versé leur sang et ruiné leur fortune que ces nobles obtinrent de la générosité du roi saint Louis une planche après leur naufrage. »
Pour établir une verrerie, il fallait un privilège, c’est-à-dire une autorisation du roi donnée par lettre patente. ( Source Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol )

Blason de la famille d’Hennezel issue de la Vôge, famille de gentilshommes verriers d’extraction chevaleresque.